La vente à réméré : une solution pour sauver votre patrimoine suite à un décès

Utiliser le réméré pour financer des frais de succession.

La vente à réméré soulève des questions fiscales précises que beaucoup de propriétaires négligent avant de signer. Pourtant, la fiscalité peut avoir un impact significatif sur le coût réel de l'opération. Ce guide fait le point sur tous les aspects fiscaux : impôt sur la plus-value, droits de mutation, traitement de l'indemnité d'occupation, et cas particulier des droits de succession.

La fiscalité pour le vendeur : ce que dit l'administration

Sur le plan fiscal, la vente à réméré est traitée comme une vente immobilière classique. Même si vous restez dans les lieux et que vous avez l'intention de racheter votre bien, l'administration fiscale considère qu'il y a bien transfert de propriété au moment de la vente.

Conséquences concrètes :

  • La vente peut être soumise à l'impôt sur la plus-value immobilière (sauf exonération).
  • Au moment du rachat, vous payez à nouveau des droits de mutation (frais de notaire).
  • Les indemnités d'occupation que vous versez ne sont pas déductibles fiscalement pour vous.

Plus-value immobilière : êtes-vous exonéré ?

La plus-value immobilière est la différence entre le prix de vente et le prix d'acquisition initial du bien. Elle est en principe imposable à 19 % + 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 36,2 % au total.

Mais dans la grande majorité des cas de vente à réméré, la plus-value est nulle ou inexistante : le bien est vendu avec une décote de 20 à 40 % par rapport à sa valeur de marché. Si vous avez acheté votre bien à un prix supérieur au prix de vente en réméré, il n'y a pas de plus-value imposable.

L'exonération pour résidence principale

Si le bien vendu en réméré constitue votre résidence principale au moment de la vente, la plus-value est totalement exonérée d'impôt, quelle que soit son montant. C'est l'exonération la plus fréquemment applicable dans le cadre d'un réméré, puisque la quasi-totalité des opérations portent sur la résidence principale du vendeur.

Source : impots.gouv.fr — Cession de la résidence principale.

Les autres cas d'exonération

  • Bien détenu depuis plus de 22 ans (exonération totale d'IR) ou plus de 30 ans (exonération totale de prélèvements sociaux).
  • Prix de cession inférieur à 15 000 € (rare dans le cadre d'un réméré).
  • Première cession d'un logement autre que la résidence principale, sous conditions.

⚠️ Conseil : avant de signer, faites le point sur votre situation fiscale avec un notaire ou un conseiller fiscal. Chaque situation est différente.

Les droits de mutation au rachat : une double imposition à anticiper

C'est un point souvent sous-estimé : lorsque vous rachetez votre bien à l'issue du réméré, vous effectuez une nouvelle acquisition immobilière. Vous devez donc payer à nouveau des droits de mutation — communément appelés "frais de notaire".

Bonne nouvelle : les droits de mutation lors du rachat en réméré sont réduits par rapport à une acquisition classique.

OpérationDroits de mutation
Vente initiale (acheteur = marchand de biens)Environ 2 à 3 % du prix de vente
Vente initiale (acheteur = particulier)Environ 7 à 8 % du prix de vente
Rachat du bien par le vendeurEnviron 1 à 2 % du prix de rachat

Ce taux réduit au rachat est un avantage significatif de la vente à réméré par rapport à une double transaction classique.

Source : Conseil Supérieur du Notariat — Droits d'enregistrement.

L'indemnité d'occupation : fonctionnement et fiscalité

L'indemnité d'occupation est la somme que vous versez à l'investisseur pour continuer à occuper votre bien pendant la durée du réméré. C'est l'équivalent d'un loyer, mais avec un statut juridique différent.

Comment est-elle calculée ?

Elle est fixée librement dans le contrat, généralement entre 8 et 12 % du prix de vente par an. Elle peut être payée :

  • Mensuellement : vous payez chaque mois, comme un loyer.
  • En prépaiement : la totalité est déduite du prix de vente dès la signature. Vous recevez moins de liquidités, mais vous n'avez plus rien à payer pendant le réméré.

Exemple chiffré

ParamètreValeur
Prix de vente en réméré200 000 €
Taux d'indemnité d'occupation10 % / an
Indemnité mensuelle1 667 €
Indemnité totale sur 24 mois40 000 €
Si prépayée : trésorerie reçue200 000 € - 40 000 € - frais notaire = ~155 000 €

Fiscalité de l'indemnité d'occupation pour le vendeur

Pour le vendeur, l'indemnité d'occupation n'est pas déductible fiscalement. Elle représente un coût net, à intégrer dans le calcul global de l'opération.

Fiscalité de l'indemnité d'occupation pour l'investisseur

Pour l'investisseur, les indemnités d'occupation perçues sont imposables comme des revenus fonciers. Elles doivent être déclarées dans la catégorie des revenus fonciers, après déduction des charges éventuelles.

⚠️ Point critique : si vous ne payez pas une seule indemnité d'occupation, vous perdez immédiatement votre faculté de rachat. C'est le risque le plus immédiat du réméré.

La fiscalité pour l'investisseur

Du côté de l'investisseur, la fiscalité s'articule autour de trois éléments :

  • Les indemnités d'occupation : imposées comme revenus fonciers (régime réel ou micro-foncier selon les montants).
  • La marge au rachat : si l'investisseur a inclus une marge dans le prix de rachat, celle-ci est imposée comme une plus-value immobilière classique.
  • En cas de non-rachat : si le vendeur ne rachète pas son bien, l'investisseur devient définitivement propriétaire. La revente ultérieure du bien sera soumise au régime des plus-values immobilières.

👉 Pour en savoir plus sur la rentabilité côté investisseur : investir dans une vente à réméré : rendement et fiscalité.

Cas particulier : réméré et droits de succession

La vente à réméré est une solution particulièrement efficace pour les héritiers qui doivent régler des droits de succession élevés sans pouvoir emprunter.

Le problème

En France, les droits de succession doivent être réglés dans les 6 mois suivant le décès (12 mois si le décès a eu lieu à l'étranger). Passé ce délai, des pénalités de retard s'appliquent : 0,20 % par mois, puis une majoration de 10 % après 6 mois supplémentaires.

Source : service-public.fr — Droits de succession.

Si les héritiers ne peuvent pas emprunter (fichage FICP, revenus insuffisants, âge), la vente à réméré permet de :

  • Obtenir rapidement les liquidités nécessaires pour régler les droits de succession ;
  • Conserver le bien dans la famille ;
  • Racheter le bien une fois la situation financière rétablie.

Exemple concret

Deux enfants héritent d'une maison familiale à Paris estimée à 1 200 000 €. Les droits de succession s'élèvent à 180 000 € par enfant, soit 360 000 € au total. Aucun des deux ne peut emprunter cette somme dans les délais.

ParamètreMontant
Valeur du bien1 200 000 €
Prix de vente en réméré (décote 40 %)720 000 €
Droits de succession réglés360 000 €
Frais de notaire20 000 €
Indemnité d'occupation mensuelle5 500 €
Trésorerie disponible340 000 €
Durée du réméré24 mois

Résultat : les droits de succession sont réglés dans les délais, le bien familial est préservé. Les deux enfants rachètent le bien 20 mois plus tard grâce à un crédit immobilier obtenu conjointement.

Cas avec plusieurs héritiers en désaccord

Si un héritier souhaite conserver le bien et l'autre souhaite vendre, la vente à réméré peut également servir à financer le rachat de soulte : l'héritier qui veut garder le bien met en réméré sa propre résidence principale pour obtenir les liquidités nécessaires.

Questions fréquentes

La vente à réméré déclenche-t-elle toujours l'impôt sur la plus-value ?

Non. Si le bien est votre résidence principale au moment de la vente, la plus-value est totalement exonérée. Dans les autres cas, la décote appliquée rend souvent la plus-value nulle ou très faible.

Doit-on payer des frais de notaire deux fois ?

Oui : une première fois lors de la vente initiale, une seconde fois lors du rachat. Mais les droits de mutation au rachat sont réduits (1 à 2 % seulement), ce qui limite le coût global.

L'indemnité d'occupation est-elle assimilable à un loyer fiscalement ?

Pour le vendeur, non — elle n'est pas déductible. Pour l'investisseur, oui — elle est imposée comme un revenu foncier.

Peut-on utiliser le réméré pour payer une dette fiscale (ISF, IFI, impôts en retard) ?

Oui. La vente à réméré peut être utilisée pour régler tout type de dette, y compris fiscale. Les liquidités obtenues lors de la vente peuvent être utilisées librement par le vendeur.

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Ce qu'il faut retenir

Vivre un décès dans sa famille est une épreuve compliquée. Le règlement des droits et des frais de succession peuvent ajouter une couche de stress qu’on se passerait bien. Surtout si les droits de succession sont onéreux et que vous n’êtes pas en mesure de les régler. Encore moins dans le délai imparti. Avec la vente à réméré, vous pouvez trouver une issue favorable à votre problème et éviter une vente aux enchères du bien familial.

Voici ce que vous devez faire

  1. Remplissez le formulaire prsent si dessous de My Legacy ;
  2. Un partenaire prendra contact avec vous et étudiera votre situation ;
  3. Vendez votre bien puis réglez les droits de succession ;
  4. Nos partenaires continueront de vous suivre jusqu’à ce que vous exerciez votre faculté de rachat.

Découvrez d'autres exemples concrets dans lesquels la vente à réméré est très efficace :

Mis à jour le 4 avril 2026
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